Hidous ou l’expression musicale berbère de l’Ouest

          En voyageant dans les campagnes de l’Oranie et sur les terres de l’Atlas Saharien, nous pourrons faire la rencontre lors de célébrations religieuses ou profanes d’un grand air festif où plusieurs tribus berbères viennent se réjouir et faire des démonstrations de force par le biais de la fantasia un art équestre antique, le allaoui une danse guerrière opposant les hommes de deux tribus différentes, le saf un type de chant féminin accompagnée de percussion ou encore le hidous parfois appelé selon les régions tahidoust, hidoussi, ou ahidous qui désigne un art d’expression musicale tant bien masculin que féminin.  

Aux origines du hidous

     L’origine du hidous demeure encore peu connue faute de recherches secondaires approfondies cependant bien qu’implanté dans l’ouest du pays, le hidous trouverais son origine dans la branche berbère Zénète originaire des Aurès, venue s’établir au XIe siècle lorsque la tribu arabe des Banu Hilal fut envoyée par les Fatimides. Cette thèse se rapproche des recherches de Ali Nabti spécialiste des arts folkloriques et de la culture locale de la wilaya de Naâma qui apparente la danse du hidous à celle de la rahaba pratiquée par les Chaouis des Aures voir aux danses traditionnelles des Zénètes de Kabylie se trouvant au sud de la région.

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Chanteurs de hidous de l’Atlas Saharien.

Le chant et la chorégraphie du hidous selon les régions

           Le chant du hidous est caractérisé par des poèmes appelés izlan mené par un homme appelé raïs el hidous et que tous répètent de sorte a exécuter un chœur. L’izlan est composé de couplet appartenant aux chants populaires que l’on nomme hadhrat el hidous et de vers dit titTous les chants de hidous sont accompagnés d’un unique instrument de percussion qui est le bendir, tambour traditionnel symbolisant la rigueur et de la virilité. Principalement les tribus berbères de l’Oranie et de l’Atlas Saharien chantent l’attachement du nomade à sa tribu, sa terre et son bétail mais c’est aussi un moyen d’exorciser les peines de la vie, d’honorer les saints musulmans ou de faire honneur à la famille.

Le hidous est toute une mise en scène structurée et encadrée dans laquelle les femmes et les hommes forment selon les régions. Ainsi, dans les oasis berbères du sud-ouest de l’Algérie telles que Taghit, Igli, Ain SefraMogheul et sa rivale Boukais la disposition chorographique des femmes et hommes est souvent en forme de cercle ou demi-cercle tandis que par le hidous pratiqué par les quatorze tribus de la wilaya d’El Bayadh s’apprête en tranchée de trois à cinq ou chaque membre se tient les bras croisés effectuant des mouvements alternatifs homogènes aux côtés de joueurs tapant du bendir. Enfin, le hidous que l’on rencontre dans les montagnes de Tlemcen est principalement pratiqué par les femmes de la tribu des Ait Snous. Aujourd’hui plusieurs jeunes désirant de perpétuer l’art ancestrale algérien du hidous associent le traditionnel bendir au instrument électronique donnant un air moderne au hidous, c’est l’exemple du groupe Afrah Mecheria originaire de la wilaya de Naâma.

Vidéo montrant les femmes de la tribu des Ait Snous pratiquant le hidous et le hidous moderne du groupe Afrah Mecheria :

https://www.youtube.com/watch?v=totr6TujGy0

• https://www.youtube.com/watch?v=S352er8kEJU

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